Je m'appelle Anaïs. J'ai vingt-six ans, une vie qui ressemble à celle de n'importe qui — un travail, des amies, un appartement où traîne toujours une tasse de café froide — et un carnet où j'écris ce que je ne dirais jamais à voix haute. Pas des anecdotes qu'on raconte en soirée pour faire rire : mes fantasmes, tels qu'ils me viennent, sans les polir pour qu'ils passent mieux.
Pourquoi j'écris ce que je ne dis à personne
Il y a ce que je montre — polie, souriante, une fille bien sous tous rapports — et il y a ce qui tourne en boucle dans ma tête une fois la porte fermée. Je ne sais pas dire ces images à voix haute, même à une amie proche, même à un amant que je connais depuis des mois. Mais je sais les écrire. Là, sur cette page, les mots ne rougissent pas, et je n'ai personne en face de moi pour lire dans mon regard si j'ai honte ou pas. Ce carnet est né de ça : le besoin de nommer, noir sur blanc, ce que mon corps réclame et que ma bouche tait.
Le fantasme que je n'ose avouer
Il y en a un qui revient plus souvent que les autres, un scénario précis, presque trop précis pour être avoué à voix haute sans trembler. Je l'ai gardé pour moi pendant des années, persuadée qu'il disait quelque chose de mal sur moi. Puis j'ai arrêté de le juger et j'ai commencé à l'écrire. Je raconte ce basculement dans mon fantasme inavouable, celui que je n'ai encore dit à personne d'autre que ce carnet.
Cette nuit où j'ai joui au téléphone
Il y a des nuits où les mots ne suffisent plus à contenir ce qui monte, où j'ai besoin d'une voix en face, même inconnue, pour aller jusqu'au bout d'une scène que je n'osais pas jouer seule. Je décris cette nuit précise, sans rien couper, dans jouir au téléphone : cette nuit-là — le moment où j'ai compris qu'un inconnu au bout du fil pouvait m'emmener plus loin qu'aucun silence.
Salope, et alors ?
On m'a collé ce mot une fois, comme une insulte, pour me faire taire ou me faire honte. Je l'ai gardé, retourné dans tous les sens, et j'ai fini par décider que je le portais très bien. Dans salope, et alors ? Ma confession, j'explique pourquoi je préfère assumer ce que je désire plutôt que de m'excuser de le ressentir.
Pourquoi raconter mes fantasmes me libère
Écrire ce que je tais ailleurs n'a rien d'un aveu de faiblesse : c'est exactement l'inverse. Chaque fois que je pose une scène sur cette page, je desserre un peu l'étau que je me mets moi-même. J'explique cette mécanique, et pourquoi je continue même quand ça tremble, dans pourquoi raconter mes fantasmes me libère.
Il m'est arrivé, un soir où les mots refusaient de sortir sur le papier, de composer le numéro affiché sur telrose-telephone-rose.fr/h/appel-sex/ pour dire tout haut, à une inconnue au bout du fil, ce que je n'aurais jamais osé formuler à quelqu'un de ma vie. Personne ne le sait. C'est peut-être justement pour ça que je peux enfin l'écrire ici.
Ce carnet n'a pas vocation à choquer ni à donner des leçons à qui que ce soit. C'est simplement l'endroit où une femme de vingt-six ans, comme tant d'autres, dépose ce qu'elle porte en silence le reste du temps. Si une ligne, une image, un aveu te parle — tu es exactement au bon endroit.



